CNA - Commission Nationale d'Archéologie Subaquatique

Fiche concernant la gestion des engins explosifs, transmise par Patrick Defaix (CDA 03)

 

 


 

LA SÉCURITÉ DANS LA PRATIQUE DE L'ARCHÉOLOGIE SUBAQUATIQUE

 

Descendre sous l'eau pour y effectuer une activité archéologique comporte quelques risques qu'il faut connaître, et des règles de sécurité à appliquer.

 

Les contraintes du milieu 

En eau intérieure 

Les cours d'eau peuvent avoir un débit important : le courant est parfois impossible à remonter : dans ce cas l'immersion est déconseillée, ou bien sur de courtes distances, avec un lien physique entre le plongeur, la berge et le plongeur de sécurité.

La visibilité est souvent très réduite, du fait des alluvions transportées par les rivières. Des eaux stagnantes ou à débit très lent vont se troubler rapidement, et la visibilité peut devenir nulle à la première immersion.

Les fonds d'étangs et de rivières sont souvent plus riches en détritus qu'en vestiges archéologiques. Il est donc nécessaire de se protéger des coupures, blessures. Certains grands obstacles peuvent être dangereux, comme les branches d'arbres (ou les arbres complets parfois). On peut par exemple passer sous des branches qui dépassent du fond et se retrouver bloqué. Les herbes constituent aussi un piège. Elles sont souvent hautes et solides, et emprisonner le plongeur.

 

En mer

Les contraintes du milieu marin sont plus familières au plongeur : courant, marées, température, visibilité variable.

Considérant que le plongeur archéologue pratique une activité assimilable à des travaux sous-marins, le législateur impose l'usage des tables professionnelles de décompression, les fameuses tables MN92 (Marine Nationale 1992). En fait elles ne sont aussi pénalisantes qu'on pourrait le craindre, mais évidemment beaucoup plus que les ordinateurs de plongée.

 

Les contraintes de l'activité

L'usage d'outils sous l'eau demande une petite adaptation. Plus la profondeur augmente et plus un effort banal peut devenir difficile. L'essoufflement est toujours à redouter.Sous l'eau les doigts sont souvent un peu engourdis, et les blessures ne se sentent pas. Une coupure, même profonde, peut passer inaperçue, révélée seulement par un filet qui semble verdâtre sortant de la plaie.

Le parachute de relevage, dont l'usage nécessite une autorisation spécifique et une programmation rigoureuse, est un outil très dangereux. Il peut s'emballer dans l'ascension  et  occasionnée une remontée catastrophe si on essaie de le suivre. L'objet qu'il est sensé remonter peut se détacher, et retomber lourdement, parfois de haut.

Malgré se qui se dit, l'usage de l'aspirateur à sédiment ne présente pas de difficulté ni de danger particulier. La main qui reste bloquée, aspirée, est du domaine de la légende. Il est plus fréquent de boucher l'aspiration par une pierre, une tuile, une branche, que de se blesser avec cet outil.

Un des principaux danger est souvent (encore une fois) le plongeur lui-même. L'archéologie sous-marine est en effet une activité passionnante, et le calme qui règne au fond peut être hypnotique. Occupé à dessiner, photographier, dégager des objets, il est possible de se prendre au jeu, d'oublier le monde extérieur, Il faut toujours garder un oeil sur les paramètres de plongée, respecter les horaires définis au préalable. Un effort sous l'eau, même limité, augmente la consommation d'air et le bloc peut se retrouvé vide plus vite que prévu. La présence d'un binome et des systèmes de roulements avec des équipes qui se relaient permettent de ne pas laisser le fouilleur seul avec lui-même.

 
Quelques règles de sécurité
 

Il est évident qu'il est nécessaire de se conformer aux règles fédérales de la plongée sous-marine :

 - Respecter la composition des palanquées et les profondeurs de plongée en fonction de son niveau de plongée,

- Disposer d'un équipement en bon état, des éléments de sécurité classiques de la plongée en autonomie (couteau, ciseaux,...)

Utiliser pour la décompression les tables MN 92
 
 
 

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